interview
Encore recueillie sur agoride, voici cette interview de Shaun White, que vous connaissez déjà mieux. Attention, elle est longue hein! (Elle date du 4 décembre 2003.... ça commence à dater)
Agoride : Salut Shaun. Première question ; est-ce que tu vas toujours à l'école ?
Shaun White : Oui, je vais à l'école. En fait, j'ai un prof perso. Quand je suis à la maison, je vais à l'école, et quand je suis en voyage, mon prof me donne une montagne de devoirs que je fais depuis l'hôtel.
A : C'est pas trop difficile de toujours aller à l'école et de rester motivé, quand tu sais que tu pourrais bien gagner ta vie en ne faisant que du snowboard ?
SW : Personnellement, je ne pense pas du tout à l'argent. Je ne suis pas prêt à quitter l'école. J'aime l'école car c'est primordial de recevoir une éducation. Et puis c'est génial d'apprendre des choses sur les batailles historiques, les différents royaumes du Monde, et de pouvoir ensuite visiter les différents lieux que j'ai découverts dans les manuels scolaires. Je suis conscient d'avoir beaucoup de chance de vivre ça.

A : Parle-nous de tes débuts en snowboard.
SW : J'ai débuté quand j'avais six ans. Mon frère aîné Jesse, ridait déjà à cette époque, et tout naturellement, j'ai voulu suivre ses pas.
A : A 17 ans, tu as le même coverage et le même bagage technique que les tout meilleurs snowboarders de la planète. Tu n'en as jamais rencontré qui auraient été dégoûtés de se faire dépasser par un gamin comme toi ?
SW : Je ne sais pas si aucun d'eux n'a jamais été dégoûté de cela, mais ça m'étonnerait. En tous cas, si un jour je me fais battre par un autre sur un contest, je n'en fais pas une histoire.
A : Il y a quelques années, tu étais nettement plus jeune que les autres pros de la scène. Te considéraient-ils d'une manière différente en raison de ton jeune âge ?
SW : Non, personne ne m'a jamais traité d'une manière spéciale pour ça. Je suis peut-être plus jeune mais ils savent que je suis pro, et que je mérite donc le même respect qu'un autre. L'âge ne compte pas.
A : Selon toi, qu'est-ce qui t'a aidé à posséder un tel niveau, à un âge où la plupart des pros n'ont même pas commencé leur carrière ?
SW : Le fait de rider avec mon frère m'a énormément aidé. C'est un bon rider et j'ai toujours voulu progresser pour essayer de rattraper son niveau.
A : Comme tu étais relativement jeune, tu devais probablement devoir être accompagné lors de tes nombreux voyages. Ça t'a aidé d'être toujours resté entouré de tes proches ?
SW : Bien sur, car j'adore voyager avec ma famille. C'est génial d'être dans un autre pays et de pouvoir le partager avec une personne qu'on aime. Avoir pu faire découvrir le Monde à ma famille a été merveilleux.
A : Que tes parents pensent-ils de ta carrière ?
SW : Ma famille a toujours été 100 % avec moi. Ils m'ont supporté dès mes débuts.
Chaque week-end, mes parents avaient pour habitude de faire trois heures de route pour nous emmener en station. Ils ont dépensé beaucoup de temps, d'argent, et d'énergie pour m'aider à être là où je suis aujourd'hui. Je pense que je n'aurais jamais pu arriver à tout cela sans eux.
A : Quel type de ride préfères-tu ?
SW : J'aime tous les types de ride autant : pipe, park, jib, back-country...
A : Quels sont les activités que tu préfères de ton métier ? Les contests, filmer, les photoshoots ?
SW : J'aime la compétition ! Les challenges et la pression m'aident à me surpasser et à vouloir faire mieux que les autres.
A : Beaucoup de gens de l'industrie pensent que tu seras la prochaine légende du sport, comme Terje l'a été. Comment gères-tu ce genre de pression ?
SW : J'essaie de ne pas écouter toute cette frénésie autour de moi. Si j'y prenais trop attention, je pense que je deviendrais vite cinglé. Les seules opinions qui comptent pour moi sont celles de mes proches.
A : Penses-tu que tu vas encore beaucoup progresser ?
SW : C'est clair que mon objectif est de rider de mieux en mieux. Il y a une foule de tricks que j'ai envie d'apprendre, et pleins d'autres que je sais faire mais que je veux rentrer plus fat.
A : Autrefois, alors que tu n'étais qu'un gamin, on te voyait chaque année dans les films de Mac Dawg. Parle-nous un peu de cette époque.
SW : C'est vrai que j'ai eu la chance de filmer avec les bonnes personnes dès mes débuts. Au départ, j'ai filmé avec Rich Van Every et le crew Standard. Ils m'ont enseigné beaucoup de choses sur ma façon de rider. Puis j'ai traîné avec Mac Dawg. Il m'a bien poussé aussi à progresser et à avoir de meilleures parts d'années en années.
Aujourd'hui, je filme avec Cinemaseone. Cette année, je vais faire mon propre film (The Shaun White album, sortie le 6 septembre 2004) Je suis très très excité à l'idée de ce nouveau projet.
(J'adore cette image,au-dessus, elle est affiché dans ma chambre... terrible non?)
A : Pourquoi penses-tu que Mac Dawg travaillait avec toi ? Simplement parce qu'il trouvait rigolo de présenter un gamin d'un si jeune âge dans une vidéo, ou parce qu'il pressentait déjà ce que tu allais devenir ?
SW : Très honnêtement, je ne saurais pas répondre à cette question. J'espère quand même que ce n'était pas seulement parce que je n'étais qu'un môme (rires).
A : A quel moment t'es-tu rendu compte que tu allais devenir l'un des plus célèbres pro-snowboarders de la scène ?
SW : Je n'ai jamais planifié ni même imaginé arriver là où je suis aujourd'hui. A côté de ça, je suis évidemment plus qu'heureux de ma situation.
A : Parlons technique... De quelle manière penses-tu que le snowboard continuera à progresser dans les prochaines années ?
SW : Je pense qu'on se concentrera sur des tricks techniques, mais en essayant d'y mettre un maximum de style. Le style aura de plus en plus d'importance.
A : Tu es connu pour ton niveau en snowboard, comme pour ton niveau en skate et en surf. Mais pourquoi n'es-tu pro qu'en snowboard ? Est-ce un choix délibéré ?
SW : En fait, je viens juste de passer pro. en skate cet été. Je viens de participer à mon premier contest, le Slam City Jam, au Canada. J'ai terminé 4ème et me suis qualifié pour les Summer X-Games. Je suis bien satisfait de l'évolution de ma carrière skate, même si le plus difficile reste de trouver le temps de m'investir dans les deux sports.
A : Justement par rapport à cette carrière skate, tu es toujours en cheville avec Tony Hawk ?
SW : Oui, tout à fait. Tout se passe le mieux du monde avec Tony. Je skate avec lui dès que nos emplois du temps nous le permettent. Je skate pour Birdhouse et ne pourrais pas rêver mieux.
A : Je crois qu'un jour, ton avenir a failli être remis en question à cause d'un gros crash...
SW : C'est vrai, j'ai eu un sale accident un jour où on faisait des doublettes en vert avec Bob Burnquist. J'en garde un mauvais souvenir mais ce n'est pas non plus quelque chose qui a remis mon avenir en question. D'une manière générale, j'ai de la chance car je ne me suis jamais blessé trop sérieusement.
A : Quels sont tes objectifs pour la suite ?
SW : Je n'ai pas vraiment d'objectifs. Je me contente de faire ce qui me semble être le plus bénéfique pour ma carrière. J'espère juste que je pourrai rider le plus longtemps possible, rester en bonne santé, et entouré de ma famille.
A : Un dernier mot pour conclure ?
SW : I love Europe.
Et un autre petit bout recueilli sur snow.fr, celle là est moins vieille :
Qui étaient tes premiers héros en snowboard ?
S.W : J'admirais mon frère qui était mon inspiration en snowboard. Il m'a beaucoup appris au fil des années.
Tu as plusieurs produits signés chez Burton. Comment se passe le processus de développement de tes boards, bottes et casque ? Penses-tu que le snowboard est présenté de la bonne manière auprès du grand public ? S.W : Quand on entend grand public, on pense instantanément liquidation. Mais je pense qu'il y a deux manière de présenter les médias grand public. La première consiste à les laisser contrôler ton image, ton marketing et ton engagement. Pour moi, ça, ça veut dire liquidation. Ou, tu peux faire en sorte d'avoir la maîtrise directe. Si le rideur ou la compagnie donne les directions que doit prendre le média grand public, alors c'est toi qui gères.
Qui t'inspire le plus dans la vie ?
S.W. : Ma principale inspiration provient de ma famille. Ils sont toujours là pour moi, quand je suis blessé et quand je vais bien.
Où te vois-tu dans cinq ans ?
S.W : Je serai un dauphin. Je voyagerai à travers l'océan pour sauver les thons des filets de pêche et prévenir mes amis, les créatures marines, de se méfier des serpents venimeux et des consultants en impôts pas clairs.
S.W : Dessiner mes propres produits est une expérience géniale. J'ai travaillé avec mon frère et les designers Burton pour le développement. Tout le long du processus, j'avais les mains dedans. Je trouve ça horrible quand les gens ont leur nom sur quelque chose sur lequel ils n'ont aucune influence.